Le chemin des chênes remarquables, pas à pas
Par La rédaction de L'Aubier · · rubrique Sorties nature
Un sentier, des arbres qui portent des noms, une demi-journée sous la canopée: le chemin des chênes remarquables est la porte d'entrée la plus simple dans le Tronçais profonde.
Un sentier au pays des arbres nommés
Le massif de Tronçais a cette singularité de posséder des arbres qui portent des noms, comme des personnes: la Sentinelle, le chêne Carré, les Jumeaux, le chêne Saint-Louis. Le chemin des chênes remarquables, une boucle forestière pratiquée aux abords de l'étang de Goule, en relie plusieurs et permet de les voir en une seule sortie, à un rythme de famille. Ces arbres sont recensés depuis des décennies par les amis de la forêt et les publications locales, et leur réputation dépasse le département. Le magazine leur consacre un carnet des chênes remarquables, où chaque nom est relié à ce que les sources publiques en disent: circonférence, âge estimé, parcelle quand elle est documentée.
Choisir sa saison
Chaque saison habille le sentier différemment, et aucune n'est mauvaise. À la fin du printemps, la lumière verte du débourrement et les chants d'oiseaux donnent la version la plus vivante du massif, celle que fréquentent les pics de la vieille futaie. En été, la canopée maintient sous bois une fraîcheur relative, mais les heures chaudes appellent de l'eau et un chapeau. L'automne est peut-être la saison reine: les bruns et les cuivres du chêne, les glands sous les pieds, les champignons sur les souches. En hiver, l'architecture des arbres apparaît enfin nue, et les gros fûts se lisent comme des colonnes.
S'équiper sans surcharger
Les chemins du massif restent praticables une bonne partie de l'année, mais les sols sableux retiennent l'eau après les pluies: des chaussures de marche fermées suffisent la plupart du temps, des bottes sont plus sages en saison humide. Jumelles pour les oiseaux, appareil photo si l'on veut rapporter des portraits d'écorces, une carte ou une application de sentiers pour se repérer entre les parcelles. Le téléphone capte irrégulièrement sous la futaie dense, et l'on marche plus longtemps qu'on ne le croit entre deux arbres nommés.
La bonne conduite sur le sentier
Les arbres remarquables attirent du monde, et c'est précisément ce qui les expose. Rester sur le chemin évite de tasser les racines, dont la zone sensible s'étend bien au-delà du tronc; ne pas graver l'écorce, ne pas camper au pied, ne pas escalader les sujets: ces évidences suffisent à préserver des arbres que le massif entretient pour le public. Pendant la saison de nidification, du printemps au début de l'été, mieux vaut renoncer à approcher les cavités et laisser la faune tranquille, comme le détaille notre code du promeneur. Les chiens, même doux, tiennent en laisse.
Prolonger la sortie
La boucle se prolonge volontiers vers l'étang de Goule et ses oiseaux d'eau, ou vers les villages du Pays de Tronçais qui ceinturent le massif. Les curieux d'histoire forestière liront ensuite notre article sur la futaie de Colbert: comprendre pourquoi ces arbres sont là, plantés en générations régulières, change la manière de les regarder. Et pour savoir ce que la forêt offre au moment où vous y irez, le calendrier des saisons se consulte avant de partir.
Prendre le temps des portraits
Les arbres remarquables se photographient mieux qu'ils ne se « font » en une pose rapide. Le matin de bonne heure, une lumière latérale modèle les écorces et révèle les reliefs des troncs; en contre-jour, la canopée se découpe en dentelle brune. Un grand-angle au pied de l'arbre donne la mesure de la circonférence; un téléobjectif depuis la laye isole le fût de ses voisins. Les plus beaux portraits d'arbres sont rarement des vues rapprochées d'écorce seule, mais des cadrages où l'arbre occupe sa place entière, du sol au houppier, dans sa lumière de saison.
Autour du massif
Le massif borde des villages qui méritent l'excursion à eux seuls: Cérilly, coeur historique du Pays de Tronçais, Ainay-le-Château au sud, Saint-Bonnet-Tronçais et Braize sur ses marges. La chênaie couvre des surfaces documentées sur chacune de ces communes, autour de 1 800 hectares pour la seule Cérilly et de plus de 770 pour Braize, ce qui donne l'échelle du massif: aucun village n'en est le centre, tous en sont les portes. Un itinéraire de journée peut ainsi marier un matin de futaie et un après-midi de village, en évitant les heures chaudes que nos carnets de saison déconseillent pour la marche.